72, 98 ou 160 mm : quelle épaisseur de cloison entre 2 chambres pour mieux dormir ?

Entre deux chambres, quelques millimètres de cloison peuvent changer le confort au quotidien. Une voix étouffée, une télévision dans la pièce voisine, un réveil qui vibre ou des horaires de coucher différents se ressentent vite quand la séparation est trop légère. Pour une isolation phonique efficace, le bon choix dépend surtout du système de cloison, de la place disponible et du niveau de calme attendu.

Les repères d’épaisseur à connaître avant de choisir

Pour une cloison entre deux chambres, on rencontre surtout trois familles d’épaisseurs : 72 mm, 98 mm et 120 à 160 mm. Ces valeurs ne désignent pas seulement une paroi “plus ou moins épaisse”. Elles renvoient à des compositions différentes, avec des performances acoustiques qui progressent quand la masse augmente et que les deux faces sont mieux séparées.

Quiz : Isolation Acoustique des Cloisons

Épaisseur totale Composition courante Affaiblissement acoustique indicatif Usage conseillé
72 mm 1 BA13 + isolant 45 mm + 1 BA13 42-44 dB Chambres peu exposées, budget serré, espace limité
98 mm Double BA13 avec isolant 50-52 dB Bon compromis pour deux chambres familiales
120-160 mm Cloison renforcée ou double ossature 61-64 dB Fort besoin de calme, suite parentale, chambres mitoyennes sensibles

La cloison de 72 mm reste fréquente en distribution intérieure, car elle se pose facilement et limite la perte de surface. Elle peut convenir si les usages sont calmes et si les portes, prises et jonctions sont bien traitées. En revanche, pour deux chambres occupées tous les jours, une épaisseur de 98 mm offre souvent un confort plus cohérent.

Les cloisons de 120 à 160 mm visent un confort supérieur. Elles deviennent pertinentes quand les rythmes de vie sont différents, quand une chambre sert aussi de bureau, quand un adolescent regarde une télévision le soir ou quand l’on veut garder de la souplesse pour l’usage futur du logement.

Pourquoi l’épaisseur seule ne garantit pas le silence

L’épaisseur compte, mais elle ne suffit pas. Une cloison phonique efficace repose sur un ensemble cohérent : masse, isolant, étanchéité à l’air et limitation des vibrations. Une cloison épaisse mal posée peut laisser passer autant de bruit qu’une cloison plus fine bien conçue.

LIRE AUSSI  Nombre d'ardoises au m2 : la méthode de calcul pour une toiture étanche

Le principe masse-ressort-masse

Dans une cloison en plaques de plâtre, le fonctionnement le plus courant repose sur le principe masse-ressort-masse. Les plaques de plâtre forment les deux masses, tandis que l’isolant placé dans l’ossature joue le rôle de ressort amortissant. Quand un son frappe la première plaque, l’énergie vibratoire est freinée par l’isolant avant d’atteindre la seconde face.

C’est pour cette raison qu’une cloison BA13 avec un isolant de 45 mm peut déjà atteindre 42-44 dB en 72 mm, alors qu’une composition renforcée en 98 mm progresse vers 50-52 dB. Ajouter une plaque, choisir une plaque acoustique ou désolidariser davantage l’ossature améliore souvent davantage le résultat qu’un simple remplissage approximatif.

Les fuites acoustiques invisibles

Le bruit passe rarement par le centre de la cloison seulement. Il emprunte aussi les passages de gaines, les boîtiers électriques dos à dos, le plafond, le plancher ou une porte trop légère. Une paroi peut donc sembler performante sur le papier et décevoir dans la pratique si ces points faibles restent ouverts. Avant de surdimensionner l’épaisseur, il faut repérer ces zones sensibles, traiter les jonctions et prévoir un joint périphérique soigné.

Un boîtier électrique décalé, une prise bien positionnée et une porte plus dense peuvent changer le ressenti final. C’est souvent là que le gain est le plus visible pour l’occupant, car le son trouve toujours le chemin le plus facile.

Quel matériau choisir pour une cloison entre deux chambres ?

Le matériau influence à la fois l’épaisseur, le prix, la facilité de pose et l’isolation phonique. En rénovation comme en construction, les plaques de plâtre sur ossature restent les plus courantes, mais d’autres solutions existent selon les contraintes de place et le niveau d’exigence recherché.

La cloison en plaques de plâtre sur rails

La solution type associe des rails métalliques, des montants, deux parements en BA13 et un isolant minéral ou équivalent dans le vide de la cloison. Dans une version standard de 72 mm, la composition courante est BA13 + isolant 45 mm + BA13. Elle est légère, rapide à poser et compatible avec les réseaux électriques.

Pour viser un meilleur confort entre deux chambres, il vaut mieux passer à une cloison de 98 mm avec double parement ou plaques acoustiques. Ce choix augmente la masse de chaque face et réduit davantage la transmission des voix. C’est souvent le meilleur compromis quand on veut une amélioration nette sans perdre trop de surface.

LIRE AUSSI  Isolation extérieure : quelle épaisseur choisir pour atteindre un R de 3,7 ?

La brique, le carreau de plâtre et les cloisons lourdes

Les matériaux plus massifs, comme certaines briques ou certains carreaux de plâtre, apportent de la masse, ce qui peut aider l’affaiblissement acoustique. Leur intérêt dépend toutefois de leur mise en œuvre et de leur association avec un doublage. Une paroi lourde mais solidaire des deux pièces peut transmettre des vibrations, surtout par les jonctions.

Dans une maison ancienne, ces cloisons sont parfois déjà en place. Plutôt que de les déposer, on peut envisager un renforcement par plaques acoustiques, avec une attention particulière aux ponts phoniques et à l’étanchéité périphérique. Le résultat dépend alors surtout de la qualité de la continuité entre les éléments.

Rénovation : améliorer une cloison existante sans tout casser

Quand la cloison existe déjà, la vraie question n’est pas toujours “quelle épaisseur idéale poser ?”, mais “combien de centimètres peut-on ajouter sans gêner l’usage de la pièce ?”. Dans une petite chambre, perdre 5 à 8 cm sur un mur peut compliquer l’ouverture d’une porte, le passage autour d’un lit ou l’emplacement d’un placard.

Si vous avez très peu de place

Quand l’espace est compté, les plaques de plâtre acoustique collées ou vissées peuvent améliorer la situation sans créer une nouvelle cloison complète. Cette option n’atteint pas forcément les performances d’une double ossature, mais elle peut réduire les bruits de voix et améliorer le confort perçu, surtout si la cloison initiale est légère.

Il faut toutefois rester réaliste : une faible épaisseur ajoutée ne compensera pas une porte creuse, un jour sous la porte ou des prises électriques non traitées. Pour un résultat homogène, mieux vaut combiner plusieurs gestes simples : joints périphériques, boîtiers électriques décalés, calfeutrement des passages de gaines et amélioration de la porte si besoin.

Si vous pouvez ajouter une contre-cloison

Une contre-cloison acoustique est plus performante, car elle recrée un système masse-ressort-masse devant la paroi existante. Elle peut intégrer un isolant et un parement renforcé. Plus elle est désolidarisée de la cloison d’origine, plus elle limite la transmission des vibrations.

Cette solution demande davantage d’épaisseur, mais elle est pertinente dans une chambre parentale, une chambre d’enfant mitoyenne d’un bureau ou un logement où les bruits de conversation deviennent une source de tension. Dans ce cas, le gain de confort vaut souvent la perte de quelques centimètres, surtout quand le silence conditionne la qualité du sommeil.

LIRE AUSSI  Toiture en bâche : PVC, PEHD ou EPDM selon l’urgence et la durée

Les points techniques à vérifier avant les travaux

Avant de choisir définitivement l’épaisseur de cloison entre 2 chambres, il faut regarder l’ensemble de la pièce. Une bonne cloison ne travaille jamais seule. Elle s’inscrit dans un système avec portes, sols, plafonds, réseaux et usages réels. C’est l’ensemble qui fixe le niveau de confort final.

Vérifiez d’abord les portes, car une porte alvéolaire légère peut laisser passer les bruits même avec une cloison performante. Regardez ensuite les prises électriques et évitez les boîtiers dos à dos. Contrôlez aussi les jonctions avec le sol, le plafond et les murs, puis les gaines, qui doivent être limitées et correctement rebouchées. Enfin, gardez un œil sur la surface disponible : une cloison de 160 mm est performante, mais elle n’est pas toujours compatible avec une petite chambre.

Côté réglementation, les exigences acoustiques concernent surtout les constructions neuves et certaines configurations de logements. Les performances peuvent être évaluées avec des indices comme le Rw, c’est-à-dire l’indice d’affaiblissement acoustique. La norme NF EN ISO 140-4 fait partie des références utilisées pour les mesures acoustiques in situ. Pour un projet soumis à des contraintes précises, notamment en logement collectif ou en rénovation lourde, l’avis d’un professionnel permet d’éviter un choix insuffisant ou mal adapté.

En pratique, retenez cette logique simple : 72 mm correspond à une base correcte mais limitée, 98 mm constitue le compromis le plus équilibré pour deux chambres, et 120 à 160 mm vise un confort acoustique renforcé. Le bon choix n’est donc pas forcément la cloison la plus épaisse, mais celle qui combine une composition cohérente, une pose soignée et le traitement des points faibles autour de la paroi.

Camille-Jade Louvigny

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut